Finances : le Liban se préparerait à inviter huit cabinets d…

Le Liban va inviter huit cabinets de conseil à participer à un appel d’offres afin que l’un d’entre eux conseille les autorités libanaises sur le plan financier et alors que le Liban, qui traverse une grave crise économique, étudie ses options concernant le remboursement de sa dette souveraine, a indiqué mercredi à Reuters une source proche du dossier.

L’appel d’offres ne signifie pas que le Liban a décidé de restructurer sa dette “mais cela signifie que le Liban étudie toutes les options et les répercussions qui en découlent”, poursuit la source qui précise que les cabinets de conseil sont : Moelis & Company, Rothschild & Co, Guggenheim Partners, Citibank, Lazard, JP Morgan, PJT Partners et Houlihan Lokey.

(Lire aussi : Eurobonds cédés par les banques libanaises à des créanciers étrangers : le gouvernement intervient)

Cette initiative intervient alors qu’en mars, l’Etat doit rembourser 1,2 milliard de dollars d’Eurobonds –des obligations émises en dollars– arrivant à échéance. Les avis divergent toutefois sur le bien-fondé du paiement ou non de cette tranche. Le Liban s’était engagé en 2019-2020 à réduire son déficit public et à entreprendre des réformes structurelles, en contrepartie de promesses d’aides et de dons de la communauté internationale à hauteur de 11,6 milliards de dollars. Le pays croule sous une dette avoisinant les 92 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB.

Mardi, Fitch a indiqué qu’il était plus que probable que le Liban se retrouve contraint de procéder à une “certaine forme de restructuration” de sa dette publique, une perspective qu’elle avait déjà soulevée en décembre après avoir dégradé la notation souveraine du pays, pour la deuxième fois en un an – d’abord de ” B-” à  “CCC”, puis à “CC”.

Le Fonds monétaire international (FMI), à qui le Liban a demandé une assistance technique, a confirmé qu’une délégation se rendrait à Beyrouth du 20 au 23 février. Elle “s’entretiendra avec les autorités pour savoir comment elles comptent faire face aux difficultés économiques du Liban, faire le point sur les récents développements macroéconomiques, et fournir une assistance technique sur les politiques à mettre en place pour faire face aux défis macroéconomiques” du pays, a précisé dans un communiqué Gerry Rice, porte-parole du FMI. Il a souligné que “le Liban n’a pas demandé d’aide financière au FMI”.

Les difficultés économiques qui touchent le Liban depuis plusieurs mois se sont aggravées après le début en octobre d’une contestation inédite fustigeant l’ensemble de la classe politique accusée de corruption et d’incompétence. Après le début de la contestation, les banques ont imposé des restrictions draconiennes inédites sur les retraits et les transferts en dollars, dans un pays où le billet vert est utilisé au quotidien au même titre que la livre libanaise.

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K.O.

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